Ce lac français de 3 540 hectares abrite encore des puits de pétrole actifs
Dans les Landes, un lac de 3 540 hectares abrite depuis 1954 la principale réserve française de pétrole exploitée en eau douce.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
Un lac de 3 540 hectares dans les Landes abrite des puits de pétrole actifs depuis 1954
Il s'agit de la principale réserve française de brut exploitée en milieu lacustre
L'activité pétrolière cohabite avec le tourisme, la pêche et les loisirs nautiques
Le site bénéficie de protections environnementales via Natura 2000 et les ZNIEFF
L'économie locale repose sur un équilibre entre industrie énergétique et attractivité touristique
Un site industriel dissimulé sous une surface paisible
À quelques kilomètres de l'océan Atlantique, l'étang de Biscarrosse-Parentis occupe une place singulière dans le paysage énergétique français. Sous une apparence tranquille, ce plan d'eau de 3 540 hectares dissimule la plus grande réserve de pétrole exploitée en eau douce sur le territoire national. Depuis 1954, des installations d'extraction fonctionnent directement à la surface du lac, posées avec discrétion entre les pins et les dunes qui bordent les Landes.
Une géographie qui a facilité l'implantation pétrolière
Le lac s'étire sur près de dix kilomètres, avec une profondeur maximale avoisinant les 20 mètres. Sa proximité avec l'Atlantique, à peine trois kilomètres, s'explique par un système lagunaire formé il y a environ 4 000 ans. Les communes de Biscarrosse, Parentis-en-Born, Gastes et Sainte-Eulalie-en-Born se partagent ce territoire, dont l'altitude modérée et la stabilité géologique ont historiquement rendu possible l'installation de puits en milieu lacustre. Une configuration qui reste, encore aujourd'hui, exceptionnelle à l'échelle du pays, où l'extraction pétrolière demeure très largement terrestre.
Une zone protégée où l'extraction se poursuit
Classé depuis 1977, le site s'inscrit dans des dispositifs de protection tels que Natura 2000 et les ZNIEFF. Cette reconnaissance écologique n'a pourtant pas mis fin à l'activité industrielle : plusieurs pompes continuent de fonctionner en 2025. Les installations, peu nombreuses et de taille réduite, limitent leur empreinte visuelle. Aucune infrastructure de raffinage n'est visible sur les rives ; le brut extrait est acheminé vers des sites de traitement extérieurs. Cette coexistence entre production d'hydrocarbures et préservation des milieux naturels constitue un cas d'école régulièrement cité dans les discussions sur la transition énergétique.
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Tourisme, pêche et industrie partagent le même rivage
L'activité pétrolière ne représente qu'une part du tissu économique local. Le lac attire chaque année une fréquentation touristique stable, portée par ses plages peu profondes et ses eaux tempérées. Planche à voile, canoë, ski nautique et pêche cohabitent avec les pompes. Les populations de carnassiers et de carpes, réputées pour leur taille, attirent de nombreux pêcheurs venus de toute la région. Cette cohabitation entre industrie et loisirs illustre un équilibre économique local rare, où hydrocarbures et tourisme contribuent conjointement à la vitalité du territoire.
Sources : BDOR - Ministère de la Transition écologique - Réseau Natura 2000 - INSEE
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