Le cours du pétrole WTI sous 97 dollars : Trump, Xi et l’Iran peuvent changer le prix du pétrole dès cette semaine
Le WTI tombe sous 97 dollars avant le sommet Trump-Xi, tandis que l’AIE alerte sur un déficit d’offre lié à la guerre en Iran.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- Le WTI recule avant un sommet diplomatique très surveillé
- Pékin, Washington et Téhéran au centre du marché pétrolier
- Le détroit d’Hormuz reste la menace centrale
- L’AIE alerte sur un déficit d’offre mondiale
- Pourquoi une bonne nouvelle pourrait faire baisser le pétrole
- Les investisseurs cherchent des protections hors du système bancaire
- Le pétrole reste suspendu aux prochaines heures
En bref
Le WTI recule autour de 96,70 dollars jeudi matin en Europe.
Les marchés attendent l’issue du sommet Trump-Xi à Pékin.
Le détroit d’Hormuz reste au cœur des craintes sur l’offre mondiale.
L’AIE anticipe un déficit d’offre pétrolière en 2026 à cause de la guerre en Iran.
Une avancée diplomatique pourrait peser sur les prix du brut à court terme.
Le WTI recule avant un sommet diplomatique très surveillé
Le prix du pétrole WTI est repassé sous le seuil symbolique des 97 dollars jeudi matin, durant les premiers échanges européens. Le baril américain évoluait autour de 96,70 dollars, dans un marché dominé par l’attente du sommet entre Donald Trump et Xi Jinping à Pékin.
Cette baisse reste limitée, mais elle traduit une prudence nette des opérateurs. Les traders surveillent chaque déclaration liée aux discussions sino-américaines, car leur issue pourrait modifier rapidement la perception du risque géopolitique au Moyen-Orient.
Le marché pétrolier se trouve pris entre deux forces opposées. D’un côté, la guerre en Iran réduit les perspectives d’offre mondiale. De l’autre, une éventuelle percée diplomatique entre Washington, Pékin et Téhéran pourrait calmer les tensions sur les routes énergétiques.
Pékin, Washington et Téhéran au centre du marché pétrolier
La visite de Donald Trump en Chine intervient à un moment particulièrement sensible pour les matières premières. Selon l’agence Xinhua, Xi Jinping a déclaré aux dirigeants d’entreprises américaines présents à Pékin que la porte de la Chine continuerait de s’ouvrir davantage. Le président chinois a aussi indiqué que les entreprises américaines pourraient trouver davantage d’opportunités dans le pays.
Derrière ce message économique, les investisseurs regardent surtout le volet diplomatique. Donald Trump devrait pousser Xi Jinping à user de son influence auprès de Téhéran, allié stratégique de Pékin, pour favoriser un accord de paix et permettre la réouverture du détroit d’Hormuz.
Ce passage maritime reste vital pour le commerce mondial du pétrole. Sa fermeture ou son fonctionnement dégradé renchérit immédiatement les primes de risque sur le brut, car une part considérable des flux énergétiques du Moyen-Orient transite par cette zone.
Le détroit d’Hormuz reste la menace centrale
La trajectoire du cours du pétrole dépend désormais autant des volumes physiques que des scénarios diplomatiques. Une réouverture crédible du détroit d’Hormuz réduirait la crainte d’un blocage durable des exportations régionales. Les prix du WTI pourraient alors perdre du terrain, surtout après leur forte progression liée à la guerre.
À l’inverse, un échec des discussions renforcerait la nervosité des marchés. Donald Trump a récemment jugé insuffisante la réponse iranienne à la proposition américaine. Il a aussi estimé que le cessez-le-feu restait extrêmement fragile, tout en menaçant de reprendre les bombardements contre l’Iran.
Ce durcissement verbal maintient une prime géopolitique élevée sur le brut. Les acheteurs redoutent une nouvelle contraction de l’offre, tandis que les vendeurs hésitent à parier franchement sur une détente durable.
L’AIE alerte sur un déficit d’offre mondiale
L’Agence internationale de l’énergie a renforcé cette inquiétude mercredi. Selon ses nouvelles prévisions, l’offre mondiale de pétrole devrait passer sous la demande totale cette année, en raison des perturbations provoquées par la guerre en Iran sur la production du Moyen-Orient.
L’AIE anticipe désormais une baisse globale de l’offre de près de 3,9 millions de barils par jour en 2026. Cette estimation marque une forte révision par rapport à sa prévision précédente, qui tablait sur un recul de 1,5 million de barils par jour.
Cette correction change la lecture du marché. Le problème ne réside plus seulement dans un risque ponctuel sur les cargaisons, mais dans une dégradation potentiellement durable de l’équilibre entre production, stocks et consommation.
Pourquoi une bonne nouvelle pourrait faire baisser le pétrole
Le paradoxe actuel tient à la réaction possible du marché face à un accord diplomatique. Une avancée entre Trump, Xi et Téhéran serait positive pour la stabilité mondiale, mais négative pour le prix du WTI à court terme.
Les investisseurs retireraient alors une partie de la prime de risque intégrée dans le baril. Les fonds spéculatifs pourraient alléger leurs positions acheteuses. Les raffineurs, eux, retrouveraient davantage de visibilité sur les flux d’approvisionnement.
La baisse récente sous 97 dollars reflète déjà cette hypothèse. Le marché ne parie pas encore sur une détente complète, mais il commence à intégrer la possibilité d’un compromis.
Les investisseurs cherchent des protections hors du système bancaire
La nervosité sur le pétrole rappelle la fragilité des équilibres financiers mondiaux. Lorsque les tensions géopolitiques, l’inflation énergétique et les décisions diplomatiques influencent brutalement les prix, certains épargnants renforcent leur exposition aux investissements alternatifs.
Les métaux précieux, les lingots d’or et d’argent ou les pièces d’or peuvent répondre à une logique de débancarisation partielle et de sécurisation de l’épargne. Cette stratégie ne remplace pas une allocation diversifiée, mais elle permet de détenir un actif tangible, hors promesse bancaire directe, dans une période marquée par l’incertitude monétaire et géopolitique.
Selon notre expert : Les marchés croient surveiller le pétrole mais l’or pourrait être l’actif qui raconte déjà la suite du choc financier mondial.
Le pétrole reste suspendu aux prochaines heures
Le marché du brut entre dans une séquence décisive. Si le sommet Trump-Xi débouche sur une pression efficace de Pékin auprès de Téhéran, le WTI pourrait poursuivre son repli. Si les discussions échouent, la crainte d’un choc d’offre pourrait reprendre le dessus.
À 96,70 dollars, le baril américain ne traduit pas une détente durable. Il reflète plutôt une attente nerveuse, avec un prix encore élevé, mais vulnérable à chaque annonce venue de Pékin, Washington ou Téhéran.
Sources : BDOR
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