Livret A : 31,4 % d'impôts sur vos intérêts ? Le seuil de 22 950 € qui pourrait tout faire basculer
Livret A : l'État prélève 17% sur les comptes oubliés dès 2027. Ce que cela révèle sur l'épargne dormante et la détention d'actifs physiques.
Par Benjamin MARCONNET
Temps de lecture : 3 minutes

Sommaire
- Un prélèvement de 17% sur les comptes oubliés dès 2027
- Le Livret A, premier concerné par cette épargne dormante
- Ce que les parents ne peuvent pas faire avec le Livret A de leur enfant
- Quand l'épargne réglementée dort, l'or physique échappe au circuit
- Une mesure ciblée qui ne concerne pas l'épargnant actif
En bref
Un prélèvement exceptionnel de 17% va toucher les avoirs en déshérence déposés à la Caisse des dépôts, pour une recette attendue de 1,4 milliard d'euros l'an prochain
Le taux s'applique aux comptes recensés au 31 décembre 2026 : livrets oubliés, assurances vie non réclamées, comptes bancaires inactifs
L'État garantit un remboursement intégral, intérêts compris, si le titulaire ou ses héritiers réclament un jour les sommes
Le Livret A ouvert au nom d'un enfant constitue une donation irrévocable : les parents ne peuvent utiliser que les intérêts, et seulement pour les besoins essentiels
L'or recule ce mercredi 14 octobre 2026 à 118,11 euros le gramme, en baisse de 1,1% depuis la clôture de la veille, un mouvement qui rappelle la volatilité propre aux actifs cotés en continu
Un prélèvement de 17% sur les comptes oubliés dès 2027
Le gouvernement prépare un prélèvement exceptionnel sur les avoirs en déshérence logés à la Caisse des dépôts. La recette attendue s'élève à 1,4 milliard d'euros pour l'an prochain, avec un taux de 17%, calculé sur les avoirs recensés au 31 décembre 2026. L'assiette concerne des comptes bancaires jamais mouvementés, des livrets oubliés depuis l'enfance, ou des contrats d'assurance vie dont le bénéficiaire ignore l'existence.
Ce mécanisme s'appuie sur une loi de 2014 qui oblige les banques à signaler les comptes inactifs depuis douze mois, et les assureurs à faire de même pour les contrats échus sans réclamation. Les organismes d'épargne salariale y sont également soumis. Résultat : plusieurs milliards dorment à la Caisse des dépôts, sans qu'aucun ayant droit ne se manifeste. L'État y voit une manne temporaire ; le titulaire ou ses héritiers, un oubli administratif qui profite à tout le monde sauf à eux.
Le Livret A, premier concerné par cette épargne dormante
Avec 58 millions d'épargnants, le Livret A reste le placement le plus répandu du pays. Il se transmet, s'oublie, se cumule parfois sur plusieurs livrets ouverts dans l'enfance. Un livret ouvert à la naissance et jamais clôturé finit par basculer dans le circuit de la Caisse des dépôts, avant d'être, un jour, absorbé par ce prélèvement de 17%.
Le gouvernement se veut rassurant : ce prélèvement ne modifie pas les droits du titulaire. Si la somme est réclamée, même des années plus tard, elle sera restituée intégralement, intérêts compris, l'État remboursant lui-même le montant prélevé via la Caisse des dépôts. Reste que cela suppose une démarche active, et combien d'épargnants savent seulement qu'un tel compte existe encore ?
Ce que les parents ne peuvent pas faire avec le Livret A de leur enfant
La question se pose souvent pour les Livrets A ouverts au nom d'un enfant après sa naissance. L'avocate spécialisée en droit bancaire Aude Poulain de Saint-Père rappelle qu'un dépôt sur ce type de livret s'apparente à une donation : les sommes appartiennent à l'enfant, de manière irrévocable, dès leur versement. Les parents ne peuvent donc pas y puiser librement pour les dépenses courantes du foyer.
Seule marge tolérée : les intérêts produits peuvent être utilisés par les parents, mais uniquement pour les besoins essentiels de l'enfant (santé, alimentation, éducation). En cas de détournement, l'enfant devenu majeur peut se retourner en justice contre ses parents pour récupérer son dû.
Quand l'épargne réglementée dort, l'or physique échappe au circuit
Ce prélèvement de 17% illustre un trait structurel de l'épargne bancaire et assurantielle : elle transite par des intermédiaires et des fichiers, et finit sous la coupe d'un organisme centralisateur quand personne ne la réclame. L'or physique détenu hors circuit bancaire ne connaît rien de comparable : un lingot ou une pièce conservés par leur propriétaire ne basculent jamais dans un registre de comptes en déshérence, puisqu'aucun établissement ne les détient pour son compte.
Cela ne doit pas occulter la volatilité propre à ce type d'actif. Nos relevés du jour, mercredi 14 octobre 2026 à 15h06, situent l'or à 118,11 euros le gramme, soit 3673,66 euros l'once, en repli de 1,1% depuis la clôture de la veille et depuis l'ouverture de la séance. L'amplitude du jour atteint 1,2%, entre un plus haut à 119,479 euros et ce plus bas. Échapper à la déshérence administrative n'équivaut pas à échapper au risque de marché.
Une mesure ciblée qui ne concerne pas l'épargnant actif
Notre lecture reste mesurée. Ce prélèvement de 17% vise des comptes réellement inactifs depuis des années, pas les Livrets A ordinaires que des millions de Français alimentent et consultent régulièrement. L'immense majorité des détenteurs n'a donc rien à craindre d'une mesure ciblant une poche résiduelle de l'épargne nationale, que même ses propriétaires ont fini par oublier. Y voir une ponction générale serait inexact et alarmiste.
Ce qui pourrait contredire cette lecture : si le périmètre de la déshérence s'élargissait, ou si le seuil d'inactivité déclenchant le transfert vers la Caisse des dépôts était abaissé, davantage d'épargnants verraient leurs avoirs basculer plus vite. Pour l'heure, rien ne l'indique. Le vrai enseignement de cette actualité tient moins dans le taux de 17% que dans ce rappel : une épargne qu'on ne suit plus finit toujours par échapper, au moins temporairement, à celui qui l'a constituée.
Sources : BDOR
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