L’Ouzbékistan vient de vendre 1 tonne d’or… après en avoir accumulé 40 depuis le début de l’année
La banque centrale ouzbèke vend de l'or après 40 tonnes achetées en 2025, une stratégie de gestion des réserves qui interroge les marchés.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
La banque centrale d'Ouzbékistan a vendu une tonne d'or en octobre 2025
Ses achats cumulés depuis janvier atteignent 40 tonnes
Le gouverneur Timur Ishmetov a échangé avec des gestionnaires de fonds américains
L'or reste qualifié de meilleur investissement par l'institution
Les réserves d'or représentent 87% du total, environ 431 tonnes
Des ventes ponctuelles à prix avantageux restent envisagées dans le cadre d'une gestion active
Un mouvement singulier après des mois d'achats intensifs
La banque centrale d'Ouzbékistan a cédé une tonne d'or au cours du mois d'octobre 2025, selon les données communiquées par l'institution elle-même. Ce geste tranche avec la tendance affichée depuis janvier : les achats cumulés atteignent 40 tonnes depuis le début de l'année, un rythme qui plaçait Tachkent parmi les acheteurs institutionnels les plus actifs de la planète. La vente reste modeste au regard de ce volume, mais elle mérite d'être scrutée puisqu'elle intervient alors que l'once d'or évolue actuellement autour de 3696,4 € (BDOR, cours du jour), proche de niveaux historiques.
Le contraste entre accumulation et cession ponctuelle n'a rien d'anodin pour une banque centrale. Il traduit une gestion active plutôt qu'une posture strictement accumulative, ce qui distingue l'Ouzbékistan de nombreuses banques centrales émergentes qui privilégient l'achat continu sans jamais revendre. Cette flexibilité pourrait annoncer une doctrine différente, où l'or reste central sans être sacralisé comme un actif figé.
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Timur Ishmetov et le dialogue inédit avec les gestionnaires américains
Le gouverneur Timur Ishmetov a multiplié les échanges avec des gestionnaires de fonds basés aux États-Unis, une démarche rare pour un institut d'émission d'Asie centrale. Selon ses propres déclarations rapportées par plusieurs médias économiques, l'or « s'est révélé être le meilleur investissement à ce jour » pour la banque centrale. Cette formule, aussi simple qu'affirmée, résume l'état d'esprit d'une institution qui a vu la valeur de ses réserves grimper mécaniquement avec la hausse du métal.
M. Ishmetov a néanmoins précisé que des ventes ponctuelles à « prix avantageux » demeurent envisageables, inscrites dans un plan global de gestion des réserves. Cette nuance change la lecture du dossier : il ne s'agit pas d'un désengagement, mais d'un ajustement tactique destiné à sécuriser des gains ou à réallouer des liquidités selon les besoins macroéconomiques du pays. Les marchés financiers apprécient généralement ce type de transparence, rare chez les banques centrales des pays émergents.
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Des réserves qui pèsent lourd dans la stratégie nationale
Les réserves d'or de l'Ouzbékistan représentent désormais 87 % du total de ses réserves de change, soit environ 431 tonnes accumulées au fil des années. Cette proportion, particulièrement élevée comparée à la moyenne mondiale, illustre une dépendance structurelle qui dépasse largement les standards observés chez les grandes économies occidentales. Elle expose également le pays à une volatilité accrue en cas de retournement brutal des cours.
Cette configuration invite à une lecture nuancée : l'or protège contre l'inflation et les chocs monétaires, mais une concentration aussi forte limite la diversification. Le choix ouzbek s'explique en partie par l'histoire économique du pays, longtemps tributaire de matières premières et de devises instables, ce qui a poussé ses autorités monétaires à privilégier un actif jugé universellement reconnu.
L'or et l'argent physiques, une option accessible aux épargnants
Face à ces mouvements institutionnels, les particuliers disposent aussi de leviers concrets pour protéger leur épargne. L'acquisition de lingots d'or, de pièces d'or ou d'argent physique reste une démarche privilégiée par ceux qui souhaitent sortir partiellement du système bancaire traditionnel. Cette logique de débancarisation séduit un nombre croissant d'épargnants soucieux de détenir un actif tangible, hors des circuits financiers classiques et à l'abri des décisions de politique monétaire.
Sources : BDOR - Banque centrale de la République d'Ouzbékistan - Reuters
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