Plan Rueff : comment la France de 1958 a évité la faillite par un choc brutal
Le plan Rueff de 1958 a permis à la France d’éviter la faillite grâce à des réformes économiques radicales et un choc budgétaire massif.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
En 1958, la France traverse une crise budgétaire et monétaire majeure.
Le général de Gaulle confie à Jacques Rueff un plan économique d’urgence.
Dévaluation du franc, réduction des déficits et ouverture économique sont lancées en quelques mois.
Le plan provoque un choc brutal sur le pouvoir d’achat et les finances publiques.
Cette stratégie permet pourtant un retour rapide de la confiance et une forte croissance durant les années suivantes.
Le débat autour des réformes économiques françaises remet aujourd’hui ce précédent historique au centre des discussions.
L’année 1958 marque l’un des tournants économiques les plus radicaux de l’histoire française contemporaine. Inflation hors contrôle, déficits abyssaux, réserves monétaires presque épuisées, incapacité de financer durablement les dépenses publiques : la IVe République s’approche alors dangereusement d’une rupture financière majeure.
Le retour du général de Gaulle au pouvoir intervient dans un climat explosif. Derrière la crise politique liée à l’Algérie, la situation économique du pays devient presque ingérable. À ce moment-là, un homme va jouer un rôle central : Jacques Rueff.
Économiste, haut fonctionnaire et conseiller influent, il élabore un programme de redressement devenu célèbre sous le nom de plan Rueff. Son objectif est simple : restaurer rapidement la crédibilité financière de la France.
A lire aussi : Le cours de l’or envoie un signal que les marchés refusent encore de regarder en face
Une économie française au bord de l’asphyxie
À la fin des années 1950, les comptes publics français accumulent les déséquilibres. L’État dépense beaucoup plus qu’il ne perçoit. Le franc perd continuellement de sa valeur et la confiance des investisseurs s’effondre.
Le commerce extérieur se dégrade fortement. Les importations dépassent largement les exportations et les réserves de change fondent rapidement. Les marchés doutent alors de la capacité de la France à stabiliser sa monnaie.
Cette perte de confiance fragilise l’ensemble de l’économie. Les entreprises peinent à investir durablement et l’inflation réduit le pouvoir d’achat des ménages.
Le choc Rueff-De Gaulle
Face à cette situation, Jacques Rueff défend une stratégie radicale. Le gouvernement décide de frapper vite et fort pour envoyer un signal de crédibilité aux marchés et aux partenaires internationaux.
La mesure la plus spectaculaire reste la dévaluation du franc de 17,5 %. Cette décision provoque immédiatement une baisse de la valeur réelle de l’épargne des Français, mais elle améliore aussi la compétitivité des exportations françaises.
Le plan comprend également plusieurs mesures majeures :
Réduction des déficits publics
Les dépenses de l’État sont fortement encadrées. Certaines subventions sont supprimées et plusieurs dispositifs jugés coûteux sont réduits.
Hausse de certains impôts indirects
Le gouvernement augmente plusieurs taxes afin de rééquilibrer rapidement les finances publiques.
Ouverture économique
La France réduit massivement les quotas d’importation et accélère son intégration au marché commun européen. Cette libéralisation marque une rupture importante avec une économie encore très administrée.
Stabilisation monétaire
Le pouvoir cherche avant tout à restaurer la confiance autour du franc. Le message envoyé aux marchés est clair : la France accepte des sacrifices immédiats pour éviter une crise plus grave.
Une stratégie douloureuse mais efficace
Le plan Rueff provoque un choc économique immédiat. Le pouvoir d’achat des ménages subit une pression importante et plusieurs secteurs doivent s’adapter brutalement à la nouvelle donne.
Le pari fonctionne pourtant rapidement.
Le commerce extérieur revient à l’équilibre en quelques mois seulement. La confiance financière s’améliore nettement et la croissance accélère durant les années suivantes.
La France entre alors dans une phase d’expansion économique exceptionnelle. Les Trente Glorieuses, déjà engagées, prennent une nouvelle ampleur grâce à cette stabilisation budgétaire et monétaire.
Durant les années 1960, la croissance française dépasse régulièrement 5 % par an.
Selon notre expert : Dette, inflation, tensions géopolitiques : l’or retrouve un rôle que beaucoup pensaient disparu
Pourquoi le plan Rueff revient dans le débat actuel
Le souvenir du plan Rueff réapparaît régulièrement dans les discussions économiques françaises. La dette publique élevée, les déficits persistants et les difficultés de compétitivité alimentent les comparaisons historiques.
Certains économistes voient dans cet épisode la preuve qu’un pays peut retrouver de la crédibilité grâce à des réformes rapides et assumées politiquement. D’autres rappellent que le contexte mondial des années 1950 était très différent de celui d’aujourd’hui.
Une réalité demeure néanmoins : le plan de 1958 s’appuyait sur une stratégie cohérente, clairement expliquée et portée politiquement au plus haut niveau de l’État.
Le redressement économique français ne s’est pas construit uniquement sur des mesures budgétaires. Il reposait aussi sur un retour de la confiance, élément souvent décisif dans les grandes crises financières.
Plus de soixante ans après, cet épisode continue d’alimenter le débat sur la capacité de la France à engager des réformes structurelles profondes lorsque les équilibres économiques deviennent fragiles.
Sources : BDOR
Prenez en main votre patrimoine : que faire maintenant ?
Partager l'article :

ACHAT D’OR EN LIGNE - AGENCE BDOR
L’Agence BDOR, experte en métaux précieux vous informe sur l’actualité de l’or, le cours de l’or, de l’argent ainsi que sur les pièces et lingots d’or d’investissement. Vous souhaitez acheter de l’or, rendez-vous dans notre rubrique d’achat d’or en ligne.
Prix de l'Or
Mise à jour le 31/07/2026 à 13h30
NOUS SOMMES SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

