Au T1 2026, le pouvoir d'achat des salariés recule en euros constants, la croissance stagne à 0% et Allianz Trade prévoit des pertes inédites depuis 2022.
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Sommaire
En bref
Le salaire mensuel de base (SMB) n'a progressé que de 0,7% au T1 2026, soit 1,7% sur un an, un niveau insuffisant face à une inflation qui atteint désormais 2,2% en avril.
En euros constants, le SHBOE recule de 0,1% sur un an ; les ouvriers sont les plus pénalisés avec un SMB en baisse réelle de 0,1%.
La consommation des ménages s'est contractée de 0,1% au T1, contribuant à une croissance nulle (0,0%).
Allianz Trade anticipe des pertes de pouvoir d'achat inédites depuis la crise de 2022 dès le deuxième trimestre.
Sébastien Lecornu doit présenter un nouveau paquet d'aides ciblées pour juin, sans dispositif généralisé.
Le taux d'épargne atteint 18%, mais les réserves sont concentrées chez les ménages aisés et âgés, laissant les foyers modestes sans marge de manœuvre.
Au premier trimestre 2026, le salaire mensuel de base (SMB) de l'ensemble des salariés du secteur privé n'a progressé que de 0,7%, selon la dernière étude de la Dares publiée début mai. Sur un an, cette hausse atteint 1,7%, soit exactement le rythme de l'inflation enregistrée en mars. Depuis avril, cette dernière a accéléré à 2,2%, creusant encore l'écart entre progression nominale des rémunérations et pouvoir d'achat réel.
La Dares le précise sans détour : en euros constants, l'indice du salaire horaire de base des ouvriers et des employés (SHBOE) recule de 0,1% sur un an à fin mars 2026, tandis que le SMB reste stable. Par catégorie professionnelle, les ouvriers subissent la perte la plus marquée avec un SMB en repli de 0,1% en termes réels. Les cadres s'en sortent légèrement mieux avec +0,1%, quand employés et professions intermédiaires font du surplace.
Ces tensions salariales ont des répercussions directes sur la demande intérieure. Au T1 2026, la consommation des ménages s'est contractée de 0,1%, contribuant à une économie française qui n'a enregistré aucune croissance (0,0%) sur la période. Un résultat bien en deçà de l'objectif gouvernemental de 0,9% annuel, sur lequel repose la trajectoire de réduction du déficit budgétaire.
Goldman Sachs, dans une note récente, juge la France "mieux armée que la plupart des autres pays européens" face à la hausse des prix de l'énergie, grâce à son parc nucléaire et à la faible intensité énergétique de son industrie. La banque table sur une croissance de 0,6% en 2026. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a évoqué une fourchette comprise entre 0,3% et 0,9% selon l'évolution du conflit au Moyen-Orient.
Maxime Darmet, économiste France chez Allianz Trade, ne cache pas son inquiétude. "Le premier trimestre 2026 a été douloureux. Le deuxième sera pire, nous nous attendons à des pertes de pouvoir d'achat inédites depuis la crise de 2022", prévient-il. La flambée des prix à la pompe, alimentée par la prolongation du conflit au Moyen-Orient, vient aggraver une situation fragilisée par le ralentissement des hausses de salaires observé tout au long de 2025, la dégradation du marché du travail et l'alourdissement de la fiscalité.
Le revenu disponible brut corrigé de l'inflation, indicateur de référence de l'INSEE, avait déjà reculé aux troisième et quatrième trimestres 2025. Sur l'ensemble de l'année, cet indicateur n'avait progressé que de 0,1%.
Avec un taux d'épargne historiquement élevé à 18%, une fraction du choc pourrait être absorbée si les ménages acceptent de puiser dans leurs réserves. Mais ces bas de laine sont concentrés chez les ménages aisés et les plus âgés ; pour les foyers modestes, la marge de manœuvre est quasi inexistante. "Si les ménages puisent beaucoup, l'économie française devrait encaisser le choc. Mais si ce n'est pas le cas, on ne sera pas loin d'une récession", avertit Darmet. Une prolongation du conflit après l'été pourrait même pousser certains ménages à épargner davantage par précaution, accentuant le ralentissement au lieu de l'amortir.
Face à cette dégradation, le Premier ministre Sébastien Lecornu doit présenter jeudi un "nouveau paquet" d'aides pour juin, lors d'une conférence de presse accompagné des ministres concernés. Sa ligne reste constante : pas d'aides universelles, un soutien ciblé sur les secteurs les plus exposés à la hausse des prix des carburants. FO, de son côté, exige des mesures générales de soutien au pouvoir d'achat et dénonce la stagnation des salaires réels depuis 2021.
La loi récente de lutte contre les fraudes cible davantage les travailleurs les plus précaires que les entreprises, dont la responsabilité en matière de fraude sociale est pourtant reconnue comme prépondérante. La loi sur la simplification de la vie économique, également récente, supprime plusieurs obligations faites aux employeurs, au détriment de certains droits salariaux. Pour les syndicats, l'orientation budgétaire actuelle fait porter aux salariés le coût des ajustements.
Selon notre expert : La défiance envers les monnaies fiduciaires s'accentue à mesure que la crise énergétique mondiale érode le pouvoir d'achat des ménages européens.
Quand les salaires réels reculent et que l'inflation s'installe dans la durée, la question de la préservation du patrimoine prend une acuité particulière. Lingots d'or, pièces d'or ou pièces d'argent : les investissements en métaux physiques attirent un nombre croissant d'épargnants qui cherchent à s'affranchir des aléas du système bancaire et à protéger leur capital de la dépréciation monétaire. Dans un cycle marqué par la stagnation des revenus, la volatilité énergétique et l'incertitude géopolitique, détenir des actifs tangibles constitue une stratégie de diversification cohérente, indépendante des soubresauts des marchés financiers.
Sources : BDOR
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