Quels pays européens seront les plus riches en 2030 ?
Le FMI projette l'Irlande en tête du PIB par habitant européen en PPA d'ici 2030, devant le Luxembourg. Classements, écarts et surprises pays par pays.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- PIB par habitant en Europe en 2030 : l'Irlande devance le Luxembourg, selon les projections du FMI
- L'Irlande en tête, avec un bémol de taille
- Les grandes économies européennes dans le ventre mou
- En euros, les fractures s'élargissent
- Les pays candidats, toujours distancés
- Protéger son épargne face aux inégalités économiques mondiales
En bref
Le FMI projette l'Irlande en tête du classement européen du PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat (PPA) d'ici 2030, devant le Luxembourg, la Norvège, la Suisse et le Danemark.
Ces chiffres irlandais sont à nuancer : les multinationales faussent le PIB national, et le revenu national brut (RNB) donne une image plus fidèle de la réalité économique.
Parmi les cinq grandes économies européennes, l'Allemagne arrive en 12e position, devant la France (15e), le Royaume-Uni (16e), l'Italie (18e) et l'Espagne (22e).
En euros courants, l'écart entre le Luxembourg (152 417 €) et l'Ukraine (7 276 €) est abyssal.
Les pays candidats à l'UE restent massivement en bas de classement, à l'exception notable de la Turquie.
PIB par habitant en Europe en 2030 : l'Irlande devance le Luxembourg, selon les projections du FMI
Les projections du Fonds monétaire international dressent un portrait contrasté de l'Europe à horizon 2030. Si la richesse par habitant progresse sur l'ensemble du continent, les hiérarchies bougent peu, et les fractures entre blocs restent profondes.
Euronews Business a analysé les données du World Economic Outlook du FMI pour 2025 et 2030, en croisant deux mesures : le PIB par habitant nominal en euros et la parité de pouvoir d'achat (PPA), qui corrige les distorsions liées aux différences de prix entre pays.
L'Irlande en tête, avec un bémol de taille
Sur 41 pays passés au crible, dont les États membres de l'UE, les pays candidats, les membres de l'AELE et le Royaume-Uni, l'Irlande devrait s'imposer en tête du classement PIB par habitant en PPA en 2030, devançant le Luxembourg, leader en 2025.
Avec un PIB par habitant projeté à 182 000 dollars internationaux (environ 168 000 €), l'Irlande affiche des chiffres qui font figure d'exception. Mais Alan Barrett, directeur de l'Institut de recherche économique et sociale irlandais, met en garde : le poids disproportionné des multinationales étrangères dans le tissu économique national gonfle artificiellement ces statistiques. Le revenu national brut (RNB) constitue, selon lui, un indicateur bien plus représentatif. Sur cette base, l'Irlande disparaîtrait du top 4 mondial.
Le Luxembourg suit avec 167 000 dollars (environ 154 000 €), puis la Norvège et la Suisse, toutes deux au-delà de 115 000 dollars (environ 106 000 €). Le Danemark complète le top 5, sa position restant stable entre 2025 et 2030.
Les grandes économies européennes dans le ventre mou
Parmi les cinq poids lourds du continent, l'Allemagne affiche la meilleure performance avec un pouvoir d'achat estimé à 86 000 dollars (environ 79 000 €), ce qui la place au 12e rang général. La France occupe la 15e place, le Royaume-Uni la 16e. L'Italie se classe 18e, l'Espagne ferme la marche à la 22e position avec 66 000 dollars (environ 61 000 €), soit un écart de 31 % avec Berlin.
Chypre progresse, la Grèce recule
Quinze pays devraient conserver leur rang entre 2025 et 2030. La Grèce enregistre la chute la plus marquée : de la 29e à la 32e place. À l'inverse, Chypre connaît la progression la plus nette, grimpant de la 16e à la 13e place. Aucun autre pays ne devrait bouger de plus de trois rangs.
L'écart entre classement nominal et classement en PPA est en lui-même instructif. Malte, la Roumanie, la Pologne et la Turquie se situent bien plus haut en PPA qu'en euros courants, signe que leur pouvoir d'achat réel dépasse ce que laissent entendre les montants bruts. À l'opposé, l'Estonie, le Royaume-Uni, l'Islande et la Lettonie se retrouvent pénalisées en comparaison PPA par rapport à leurs rangs nominaux.
En euros, les fractures s'élargissent
La lecture en euros courants amplifie encore davantage les disparités. Le PIB par habitant nominal devrait s'étaler, d'ici 2030, de 7 276 € en Ukraine à 152 417 € au Luxembourg, un gouffre bien supérieur à ce que reflète la comparaison en PPA. Au sein de l'UE, la Bulgarie ferme la marche avec 28 086 €.
En excluant le Luxembourg et l'Irlande (137 819 €), la hiérarchie intra-européenne reste saisissante. Le Danemark arrive troisième avec 84 128 €, devant les Pays-Bas (79 613 €), la Suède (73 104 €) et l'Autriche (67 406 €).
L'Allemagne, avec 65 924 €, occupe la 10e place, seule représentante des cinq grandes économies dans le top 10. Le Royaume-Uni la suit de près en 11e position (64 360 €).
Hors UE, la Suisse (127 846 €), l'Islande (108 366 €) et la Norvège (93 046 €) s'insèrent toutes dans le top 5 général, entre le Luxembourg et l'Irlande.
Les pays candidats, toujours distancés
Les neuf dernières places du classement sont quasi exclusivement occupées par des pays candidats à l'adhésion, avec l'Ukraine, le Kosovo et la Moldavie en queue de peloton. La Turquie fait exception : elle devrait se hisser au 29e rang en 2030, devant trois États membres à part entière, la Bulgarie, la Lettonie et la Grèce.
La quasi-totalité des candidats à l'UE devrait rester sous la barre des 50 000 dollars en PPA, plusieurs d'entre eux affichant des niveaux inférieurs à 30 000 dollars, soit à peine la moitié du niveau grec. La perspective d'adhésion ne réduit pas, pour l'instant, l'écart économique réel avec le bloc communautaire.
La tendance de fond reste inchangée : les pays d'Europe du Nord et de l'Ouest concentrent les premières places, tandis que l'Europe de l'Est et les candidats à l'intégration demeurent nettement distancés, en valeur nominale comme en pouvoir d'achat.
Protéger son épargne face aux inégalités économiques mondiales
Les projections du FMI rappellent que la richesse nationale ne se traduit pas mécaniquement en sécurité financière individuelle. Face à des écarts de richesse persistants entre pays, des politiques monétaires sous pression et une incertitude géopolitique structurelle, de nombreux épargnants se tournent vers des actifs tangibles. Les lingots d'or, pièces d'or et lingots d'argent occupent une place particulière dans cette stratégie de débancarisation : détenus physiquement, ils échappent aux aléas du système bancaire et conservent une valeur reconnue mondialement, quel que soit le rang de leur pays dans un classement de PIB.
Sources : BDOR
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