Wall Street rebondit malgré la hausse des taux surprise décidée par la Fed
La Fed relève ses taux, Wall Street rebondit pourtant en pré-séance malgré les tensions pétrolières au Moyen-Orient et la hausse des rendements.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 5 minutes

Sommaire
- La Fed resserre sa politique monétaire, les marchés temporisent
- Wall Street reprend des couleurs en pré-séance
- Le pétrole sous tension au Moyen-Orient
- Rendements obligataires et indicateurs économiques solides
- Résultats d'entreprises : Lennar déçoit, Salesforce voit grand
- Sécuriser son épargne face aux secousses des marchés
En bref
La Fed relève ses taux fed funds entre 3,75% et 4%, décision unanime sous la présidence de Kevin Warsh
Wall Street rebondit en pré-séance jeudi, Nasdaq 100 en tête avec +1,1%
Les attaques houthies contre l'Arabie saoudite font fluctuer les cours du brut avant un léger repli
Le rendement des bons du Trésor à 10 ans consolide au plus haut depuis 2007, proche de 5%
Lennar déçoit sur son trimestre, Salesforce vise plus de 63 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2030
Les ventes de détail américaines d'août 2026 dépassent largement les attentes des économistes
La Fed resserre sa politique monétaire, les marchés temporisent
La banque centrale américaine, désormais menée par Kevin Warsh, a relevé mercredi soir ses taux directeurs entre 3,75% et 4% sur les fed funds, selon le communiqué officiel de la Fed publié à l'issue de sa réunion de politique monétaire. La décision a été prise à l'unanimité des membres du comité, un fait suffisamment rare pour être souligné, et qui renforce l'idée d'une institution indépendante malgré les pressions politiques récurrentes qui pèsent sur elle depuis plusieurs mois.
Kevin Warsh a justifié ce resserrement en rappelant que l'inflation restait trop élevée par rapport à l'objectif de 2%, tout en jugeant paradoxalement que les conditions financières générales ne pouvaient pas être qualifiées de restrictives. Il est même allé jusqu'à qualifier la politique monétaire actuelle d'accommodante, laissant entendre qu'un tour de vis supplémentaire n'était pas à exclure d'ici la fin de l'année. Cette déclaration tranche avec le ton habituellement prudent des banquiers centraux, et elle mérite d'être suivie de près par les investisseurs obligataires.
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Wall Street reprend des couleurs en pré-séance
Après une séance de sanction la veille, Wall Street retrouve des couleurs ce jeudi matin. Le Nasdaq 100 grimpe de 1,1% en pré-séance, porté par la détente sur les rendements obligataires et la consolidation des cours du brut. Le S&P 500 progresse de son côté de 0,8%, tandis que le Dow Jones avance de 0,7%. Ce mouvement traduit un phénomène classique sur les marchés actions américains : la digestion progressive d'une nouvelle monétaire jugée sévère la veille, puis un ajustement plus rationnel quelques heures plus tard.
Les projections du FOMC jusqu'en 2029
Selon les prévisions économiques communiquées par le comité de politique monétaire, 16 des 18 membres du FOMC anticipent un durcissement supplémentaire d'au moins un quart de point d'ici la fin de l'année, contre seulement deux membres tablant sur une stabilisation. Le taux des fed funds pourrait ainsi atteindre 4 à 4,25% en fin d'année et s'y maintenir jusqu'à la fin de l'année prochaine, selon ces mêmes projections. L'inflation ne reviendrait pas sur sa cible de 2% avant 2029, tandis que la croissance américaine est attendue à 2,3% cette année et le chômage à 4,1% fin 2026, d'après les estimations du comité.
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Le pétrole sous tension au Moyen-Orient
Les cours du pétrole soufflent légèrement ce jeudi, le baril de WTI abandonnant 1,3% à 101 dollars et le Brent reculant de 1,6% à 104,1 dollars. Cette accalmie fait suite à plusieurs jours de tension, les rebelles houthis soutenus par l'Iran ayant mené des attaques contre l'Arabie saoudite, contraignant le royaume à fermer un oléoduc stratégique reliant l'est à l'ouest du pays, selon les informations rapportées par Reuters. Riyad a également suspendu ses opérations de chargement au port de Yanbu, tout en proposant des volumes supplémentaires aux raffineurs asiatiques via des transferts de navire à navire au large du port omanais de Sohar.
Des discussions se seraient tenues durant le week-end entre les Houthis et Washington, selon Reuters, le groupe yéménite affirmant ne pas avoir l'intention de viser des navires américains ou israéliens. Cette annonce a nourri l'espoir d'un ralentissement de l'offensive contre l'Arabie saoudite, un rapport évoquant même une remise en service prochaine, à mi-capacité, d'un oléoduc majeur du royaume.
Rendements obligataires et indicateurs économiques solides
Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans consolide au plus haut depuis 2007, juste sous la barre des 5%, tandis que celui du 30 ans culmine à 5,33%, un niveau plus vu depuis près de 19 ans. Ces tensions obligataires s'expliquent en partie par des données économiques particulièrement robustes : les ventes de détail américaines d'août 2026 ont progressé de 1,2% d'un mois sur l'autre, contre un consensus des économistes fixé à 0,8%, selon les chiffres officiels publiés cette semaine. Hors automobile, la hausse atteint 1,4%, contre 0,5% attendu, un signal supplémentaire qui donne des arguments à la Fed pour poursuivre son resserrement monétaire.
Résultats d'entreprises : Lennar déçoit, Salesforce voit grand
Le promoteur immobilier Lennar recule avant bourse après avoir manqué le consensus sur son troisième trimestre fiscal, avec un chiffre d'affaires de 8,05 milliards de dollars contre 8,81 milliards un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action ressort à 1,23 dollar, loin des 2 dollars enregistrés sur la période comparable de 2025. Son dirigeant Stuart Miller a par ailleurs revu à la baisse l'objectif de livraisons annuel du groupe, désormais fixé entre 80 000 et 81 000 logements, invoquant la pression persistante des taux d'intérêt sur le marché résidentiel.
Salesforce, à l'inverse, affiche une ambition retrouvée en visant un chiffre d'affaires supérieur à 63 milliards de dollars pour l'exercice 2030, au-dessus du consensus qui tablait sur environ 59 milliards, une annonce faite lors de sa conférence Dreamforce à San Francisco. Nike a de son côté nommé Alexandre Arnault, directeur général délégué de Moët Hennessy, à son conseil d'administration.
Sécuriser son épargne face aux secousses des marchés
La valse des taux directeurs et les tensions obligataires rappellent à quel point la diversification patrimoniale reste précieuse pour amortir les cycles monétaires. Les métaux précieux conservent leur statut de valeur refuge, à travers des supports concrets comme les lingots d'or et d'argent ou les pièces d'or, qui permettent de sortir partiellement du système bancaire traditionnel. Cette logique de débancarisation trouve un écho particulier alors que l'once d'or s'échange autour de 3775,4 euros ce jeudi, selon les données relevées par BDOR, offrant une alternative tangible face aux soubresauts des indices boursiers et des marchés obligataires.
Sources : BDOR - Réserve fédérale américaine (Fed) - Reuters
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