Bourse : faut-il miser de nouveau sur l'or et les mines aurifères ?
Après une correction de 20%, l'or bénéficie de catalyseurs favorables : dette américaine, taux réels, achats des banques centrales. Analyse complète.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
L'or a reculé de près de 20% depuis son record du 28 janvier 2026, mais la baisse depuis le 1er janvier n'atteint que 2,5%.
Le dollar et les taux réels, historiquement corrélés négativement à l'or, ont pourtant progressé sur la période.
Le pétrole a chuté de 40% depuis fin mars et les anticipations d'inflation sont revenues aux niveaux de l'automne 2024.
La dette américaine pourrait s'alourdir de près de 6 000 milliards de dollars sur dix ans selon le Comité pour un budget fédéral responsable.
Les positions ouvertes sur l'or au Chicago Mercantile Exchange sont au plus bas depuis quinze ans.
Les actions de sociétés minières, dont Newmont, restent surveillées comme relais potentiel de hausse.
Un repli à nuancer après un record inscrit en janvier
L'or a signé un nouveau sommet historique le 28 janvier 2026, porté par deux années de hausse proche de 100%. Depuis, la correction a été sévère : près de 20% de baisse sur les points extrêmes. Les titres de presse se sont multipliés, évoquant le pire trimestre pour l'once en plus de treize ans. Alain Corbani, responsable matières premières chez Montbleu Finance et gérant du fonds Global Gold and Precious, rappelle que la lecture brute des chiffres masque une réalité plus nuancée.
Rapporté au 1er janvier 2026, le repli du cours de l'or ne dépasse pas 2,5%. Dans le même temps, le dollar, mesuré par l'indice DXY, a progressé de 2,9% et les taux réels ont grimpé de 0,3 point, à 2,23%. Deux variables historiquement corrélées négativement au cours de l'once qui, en théorie, auraient dû peser bien davantage sur les cours. Le déclenchement du conflit entre les États-Unis et l'Iran fin février, suivi du discours du nouveau président de la Fed Kevin Warsh en juin, ont brouillé la lecture des investisseurs, qui se sont rabattus sur un scénario prudent de croissance modérée et de resserrement monétaire.
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Les catalyseurs qui pourraient inverser la tendance
Le scénario dominant du marché paraît fragile selon Alain Corbani. Le baril de pétrole a chuté de 40% depuis son pic de fin mars, retrouvant ses niveaux d'avant-guerre. Les anticipations d'inflation à deux et cinq ans sont revenues aux standards de l'automne 2024. Kevin Warsh, en insistant sur la stabilité des prix lors du FOMC de mi-juin, a ancré les taux longs sans jamais annoncer de nouvelle hausse des taux directeurs, une nuance que le marché semble avoir ignorée dans sa précipitation.
Plusieurs catalyseurs pourraient toutefois inverser la tendance. La dette américaine pourrait s'alourdir de près de 6 000 milliards de dollars sur dix ans selon le Comité pour un budget fédéral responsable, une trajectoire budgétaire qui plaide historiquement en faveur des valeurs refuges comme l'or. Les positions ouvertes sur l'or au Chicago Mercantile Exchange sont par ailleurs au plus bas depuis quinze ans, ce qui laisse une marge de manœuvre importante pour un retour des investisseurs. Les achats des banques centrales, notamment en Asie, restent également soutenus et pourraient accélérer si la confiance dans le dollar venait à s'éroder davantage.
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Les actions minières, un relais potentiel de hausse
Au-delà du métal physique, les actions de sociétés minières comme Newmont pourraient bénéficier d'un rebond du cours de l'or, avec un effet de levier généralement supérieur à celui de l'once elle-même. Alain Corbani estime que ces valeurs, souvent délaissées pendant la phase de correction, offrent un point d'entrée intéressant pour les investisseurs anticipant une reprise de la tendance haussière à moyen terme.
Sources : BDOR - Montbleu Finance - Comité pour un budget fédéral responsable - CME Group
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