EUR/USD : la détente États-Unis-Iran bloque l’euro près de 1,1750 avant BCE et emploi américain
L’EUR/USD stagne près de 1,1750, entre attente iranienne, discours de Christine Lagarde et rapport NFP américain.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
L’EUR/USD évolue dans une fourchette étroite autour de 1,1750.
Les investisseurs attendent la réponse de l’Iran au plan américain sur le nucléaire et le détroit d’Ormuz.
L’appétit pour le risque reste porté par l’espoir d’un accord entre Washington et Téhéran.
Le dollar reste prudent, avec un indice DXY proche de 98,00.
Le discours de Christine Lagarde et les chiffres NFP d’avril aux États-Unis pourraient orienter la prochaine phase du marché.
L’EUR/USD reste coincé près de 1,1750
La paire EUR/USD évolue sans direction nette autour de 1,1750 lors des premiers échanges européens de jeudi. Le marché des changes reste dominé par une attente diplomatique précise : la réponse de l’Iran à la proposition américaine sur le nucléaire, l’enrichissement d’uranium et la réouverture du détroit d’Ormuz à l’ensemble du trafic maritime.
Cette phase d’attente limite les mouvements de l’euro face au dollar. Les cambistes évitent les prises de position agressives, car le dossier États-Unis-Iran peut modifier rapidement l’appétit pour le risque, les prix de l’énergie et les anticipations de politique monétaire.
Le climat de marché reste pourtant favorable aux actifs risqués. Des informations relayées par Axios évoquent une possible avancée entre Washington et Téhéran. Les contrats à terme sur le S&P 500 évoluent presque à l’équilibre en séance européenne, après une hausse proche de 1,5 % la veille.
Le dollar hésite malgré un marché encore favorable au risque
Le dollar américain reste surveillé de près. L’indice DXY, qui mesure la valeur du billet vert face à six grandes devises, évolue prudemment près de 98,00. Cette stabilité reflète une double lecture du marché.
D’un côté, l’espoir d’un accord entre les États-Unis et l’Iran soutient les actions et réduit la demande de couverture immédiate. De l’autre, les investisseurs restent prudents tant que Téhéran n’a pas officialisé sa position. Le marché refuse donc de valider un scénario définitif avant une confirmation politique.
Pour l’euro, cette configuration crée une zone d’équilibre fragile. La devise européenne profite d’un dollar moins nerveux, mais manque encore d’un catalyseur propre pour accélérer franchement au-dessus des résistances techniques.
Christine Lagarde et les NFP deviennent les vrais déclencheurs
La suite de la semaine s’annonce déterminante pour le marché des changes. Les investisseurs attendent désormais deux rendez-vous capables de casser la phase de consolidation : le discours de Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, et le rapport américain sur les créations d’emplois non agricoles d’avril.
Le discours de la BCE sera scruté pour mesurer l’état d’esprit de Francfort face à l’inflation, à la croissance et aux conditions financières. Une tonalité plus ferme pourrait soutenir l’euro, surtout si les marchés réévaluent les attentes de taux en zone euro.
Le rapport NFP américain pèsera aussi lourd dans l’équation. Un marché du travail solide renforcerait les arguments d’une Réserve fédérale prudente sur un éventuel assouplissement monétaire. Des chiffres plus faibles relanceraient l’idée d’une Fed plus accommodante, avec un effet direct sur le dollar.
L’analyse technique montre une tendance latérale
Sur le plan graphique, l’EUR/USD reste proche de sa moyenne mobile exponentielle à 20 périodes, située autour de 1,1708. Le maintien prolongé autour de ce niveau traduit une tendance latérale, sans domination claire des acheteurs ni des vendeurs.
Le RSI évolue entre 40 et 60, une zone classique d’indécision. Ce comportement confirme l’absence de momentum directionnel marqué. Le marché attend une impulsion extérieure avant de trancher.
À la baisse, le premier support technique se situe près de 1,1708. Une clôture journalière sous ce seuil fragiliserait l’avantage immédiat des acheteurs et ouvrirait la voie vers 1,1627, ancien sommet du 1er avril.
À la hausse, la paire pourrait viser 1,1850, sommet du 17 avril, si elle parvient d’abord à dépasser 1,1797, point haut du 6 mai. Cette zone devient donc le seuil à surveiller pour confirmer une reprise plus nette de l’euro.
Selon notre expert : L’or vient d’enchaîner une troisième séance de hausse, mais la vraie question reste brutale pour les investisseurs exposés au dollar.
Le détroit d’Ormuz reste au cœur du risque macroéconomique
Le dossier iranien dépasse largement le cadre diplomatique. Le détroit d’Ormuz demeure une artère stratégique pour les flux énergétiques mondiaux. Une réouverture complète et durable calmerait les craintes sur l’approvisionnement pétrolier, avec des conséquences directes sur l’inflation attendue.
Pour les banques centrales, ce détail compte. Une détente énergétique peut réduire la pression sur les prix et donner plus de marge à la BCE comme à la Fed. À l’inverse, un blocage ou une réponse négative de l’Iran pourrait relancer la nervosité sur le pétrole, les rendements obligataires et les devises refuges.
L’EUR/USD se retrouve donc au croisement de trois forces : la géopolitique, les banques centrales et les données américaines. Tant que ces dossiers restent ouverts, la zone de 1,1750 conserve son rôle de point d’équilibre provisoire.
Sources : BDOR
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