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Fraude bancaire : un fichier national des salariés bientôt créé ?

Une proposition de loi veut créer un fichier national pour repérer les salariés bancaires auteurs de fraudes internes et sécuriser les recrutements.

Temps de lecture : 3 minutes

Fraude bancaire : un fichier national des salariés bientôt créé ?

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En bref

  • Le fichier national des comptes bancaires signalés pour risque de fraude est opérationnel depuis le 7 mai 2026.

  • Les banques peuvent désormais partager les IBAN associés à une fraude avérée ou à une suspicion suffisamment étayée.

  • L’inscription d’un compte ne provoque ni son blocage automatique ni sa fermeture.

  • Les paiements inhabituels peuvent faire l’objet de vérifications supplémentaires, avec un risque de retard pour certaines opérations légitimes.

  • Aucun nom de client n’est enregistré dans la plateforme centralisée, selon la Banque de France.


Une plateforme nationale pour repérer les IBAN utilisés par les fraudeurs

 

Depuis le 7 mai 2026, les établissements financiers disposent d’un nouvel outil pour combattre les escroqueries aux virements. Baptisé Fichier national des comptes bancaires signalés pour risque de fraude, ou FNC-RF, ce registre centralisé est géré par la Banque de France. Sa création découle de la loi du 6 novembre 2025 visant à renforcer la lutte contre la fraude bancaire.

Le principe est assez simple. Lorsqu’une banque repère un compte susceptible de recevoir, de transférer ou de dissimuler des fonds frauduleux, elle peut inscrire son identifiant bancaire dans la plateforme. Les autres prestataires de paiement peuvent alors consulter cette information avant d’exécuter une opération. Le dispositif cible notamment les comptes mules, ouverts ou prêtés pour faire transiter l’argent volé avant qu’il ne disparaisse vers d’autres établissements ou vers l’étranger.

Cette mutualisation corrige une faiblesse ancienne du système bancaire français. Une banque pouvait identifier un IBAN douteux sans que les établissements concurrents en soient immédiatement avertis. Les fraudeurs profitaient de ce cloisonnement pour déplacer rapidement les sommes dérobées. Le FNC-RF ne supprime pas cette course contre la montre, mais il réduit le temps d’avance des réseaux organisés.

L’outil arrive alors que les escroqueries reposent de plus en plus sur l’ingénierie sociale. Faux conseiller bancaire, usurpation d’un numéro de téléphone, facture accompagnée d’un RIB falsifié ou ordre de virement manipulé : la transaction est parfois techniquement authentifiée, alors même que la victime agit sous l’emprise d’un escroc. En 2024, les paiements à distance ne représentaient que 26 % des montants réglés par carte, mais concentraient 80 % de la fraude correspondante.

 

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Une protection utile pour les clients, mais pas un blocage automatique

 

Pour les particuliers comme pour les entreprises, le fichier des IBAN suspects ajoute une couche de contrôle au moment le plus sensible, juste avant le transfert de l’argent. Un virement important vers un nouveau bénéficiaire pourra être examiné avec davantage d’attention lorsque le compte destinataire figure déjà dans le registre. La banque pourra demander une confirmation, effectuer des recherches ou temporiser l’opération selon ses procédures internes.

Le mécanisme doit pourtant être présenté avec précision. La présence d’un compte dans le fichier n’interdit pas automatiquement les paiements et ne suffit pas, à elle seule, à justifier la fermeture du compte. L’établissement qui tient le compte signalé doit mener des vérifications sans délai. Les banques restent responsables de leurs déclarations et doivent les corriger lorsque les soupçons disparaissent.

Cette prudence est indispensable. Un entrepreneur recevant soudainement de nombreux virements, un particulier vendant un bien immobilier ou une association collectant une somme inhabituelle peuvent présenter une activité atypique sans commettre la moindre fraude. La CNIL a d’ailleurs relevé la forte sensibilité du dispositif et le risque de conséquences injustifiées lorsqu’un soupçon se révèle infondé. Les établissements devront actualiser leurs données au moins quotidiennement, ou avant une nouvelle opération de paiement.

 

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La Banque de France précise qu’aucune donnée nominative n’est stockée dans le fichier central et que les informations restent enregistrées pendant une durée limitée. Le registre complète d’autres mesures, comme la vérification du nom du bénéficiaire associé à un IBAN et l’authentification des numéros de téléphone utilisés lors des appels bancaires.

Cette sécurité accrue peut provoquer quelques frictions. Des virements parfaitement légitimes pourront être ralentis. Le prix paraît acceptable, à condition que les contrôles restent proportionnés et que les erreurs soient corrigées rapidement. La vitesse des paiements est confortable. Pour les escrocs aussi.

Face à la numérisation des comptes et à la multiplication des fraudes, certains épargnants cherchent également à répartir leurs avoirs hors du système bancaire. Les lingots d’or et d’argent, les pièces d’or d’investissement ou d’autres actifs tangibles peuvent participer à une stratégie de diversification, de débancarisation partielle et de sécurisation de l’épargne. Cette démarche ne remplace ni les liquidités disponibles ni les placements financiers classiques. Elle permet plutôt de réduire la dépendance à un seul intermédiaire, en conservant une part du patrimoine sous une forme physique et directement détenue.

Prenez en main votre patrimoine : que faire maintenant ?

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