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Ce petit pays pourrait devenir le plus riche d'Europe dès 2030… et personne ne l'attendait

Selon le FMI, l’Irlande pourrait dépasser le Luxembourg en 2030 et devenir le pays au PIB par habitant le plus élevé d’Europe.

Temps de lecture : 4 minutes

Ce petit pays pourrait devenir le plus riche d'Europe dès 2030… et personne ne l'attendait

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En bref

  • Selon le FMI, l’Irlande pourrait dépasser le Luxembourg en 2030 avec 182 000 dollars de PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat

  • La France se classerait quinzième, sous la moyenne européenne, avec 76 000 dollars par habitant

  • Le classement irlandais reste faussé par la présence massive de multinationales attirées par la fiscalité locale

  • En revenu national brut, l’Irlande sort du top 4 européen selon l’économiste Alan Barrett

  • L’Ukraine ferme la marche avec seulement 7 200 euros par habitant en euros nominaux


Un basculement économique confirmé par le FMI

Les projections des Perspectives de l’économie mondiale, publiées par le Fonds Monétaire International et relayées par Euronews, dessinent un nouvel ordre pour l’Europe des richesses. D’ici 2030, l’Irlande pourrait devenir le pays affichant le plus haut PIB par habitant à parité du pouvoir d’achat parmi les États membres de l’Union européenne, certains pays de l’AELE, les candidats à l’adhésion et le Royaume-Uni. Le chiffre avancé donne le vertige : 182 000 dollars par habitant, soit environ 168 000 euros, contre 168 000 dollars pour le Luxembourg, actuellement en tête du classement.

Cette bascule n’a rien d’anecdotique. La Norvège suivrait avec 126 500 dollars, la Suisse avec 117 700 dollars et le Danemark avec 100 000 dollars. L’écart entre l’Irlande et le Luxembourg, aujourd’hui quasiment à égalité, resterait ténu, ce qui rend la prévision fragile mais symboliquement forte. Le moteur de cette croissance porte un nom connu : les multinationales, séduites depuis des décennies par une fiscalité parmi les plus clémentes du continent, ont transformé un petit pays agricole en pôle d’attraction pour les capitaux internationaux.

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La France distancée dans le classement européen

Le contraste est frappant lorsqu’on regarde la position française. Avec 76 000 dollars par habitant en 2030, soit environ 70 000 euros, la France se retrouverait quinzième du classement, sous la moyenne de l’Union européenne estimée à 77 000 dollars. L’Allemagne, à 86 000 dollars, resterait largement devant. Le gain espéré par rapport à 2025 s’élève à 10 000 dollars par habitant, un progrès réel mais insuffisant pour rattraper le peloton de tête.

Paris devancerait tout de même Londres (72 000 dollars), Rome (70 000 dollars) et Madrid (66 000 dollars). Une position médiane, ni brillante ni catastrophique, qui traduit une économie solide mais freinée par une croissance moins dynamique que ses voisins germaniques ou nordiques. En euros nominaux, l’écart se creuse encore : la France plafonnerait à 51 000 euros par habitant, loin derrière l’Allemagne (66 000 euros) et le Royaume-Uni (64 000 euros). Le Luxembourg, malgré sa domination annoncée en parité de pouvoir d’achat, reste un cas particulier : sa population résidente est faible et une part importante des richesses recensées provient de travailleurs frontaliers et de sociétés financières domiciliées sur son territoire mais opérant largement ailleurs.

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PIB par habitant contre revenu national brut : un indicateur à nuancer

Si le PIB par habitant place l’Irlande en tête, cet indicateur est régulièrement critiqué pour ne pas refléter fidèlement la richesse réelle des ménages irlandais. L’économiste Alan Barrett, directeur de l’Economic and Social Research Institute (ESRI), rappelle qu’en tenant compte du revenu national brut (RNB), un indicateur qui exclut les profits rapatriés par les multinationales, l’Irlande sort du top 4 européen. Cette distorsion statistique, bien connue des économistes, illustre les limites d’un PIB gonflé par la présence de géants technologiques et pharmaceutiques qui déclarent une partie de leurs bénéfices mondiaux sur le sol irlandais pour des raisons fiscales.


De grands écarts subsistent à travers le continent

À l’autre extrémité du classement, exprimé cette fois en euros nominaux, l’écart avec les pays les plus pauvres d’Europe reste vertigineux. L’Ukraine, fragilisée par la guerre, ferme la marche avec seulement 7 200 euros par habitant, un chiffre qui contraste violemment avec les 168 000 euros projetés pour l’Irlande. Entre ces deux extrêmes, l’ensemble des économies européennes dessine une carte des richesses profondément inégale, où la fiscalité, l’attractivité pour les multinationales et la structure économique jouent un rôle déterminant.

Reste que ces projections, aussi spectaculaires soient-elles, demeurent des estimations à horizon 2030, sujettes aux aléas économiques, aux politiques fiscales internationales et à l’évolution des rapports de force entre États sur la taxation des multinationales.

Sources : BDOR - Fonds Monétaire International - Euronews

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