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38 millions de fois le PIB mondial : pourquoi les États-Unis se lancent à la conquête de ce métal stratégique

Le PNNL veut extraire magnésium, lithium et nickel de l'eau de mer pour réduire la dépendance américaine aux minerais critiques chinois.

Temps de lecture : 3 minutes

38 millions de fois le PIB mondial : pourquoi les États-Unis se lancent à la conquête de ce métal stratégique

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En bref

  • Le PNNL affirme que 0,1 % de l'eau de mer suffirait à couvrir les besoins mondiaux en minéraux critiques pendant 50 000 ans, selon une publication du 13 juillet 2026

  • La Chine contrôle 95 % de la production mondiale de magnésium et domine quinze minéraux critiques, selon l'USGS (2025)

  • Une technologie combinant co-flow reactor et BPMED permet d'extraire magnésium et nickel directement de l'eau de mer

  • L'usine de dessalement de Carlsbad, en Californie, pourrait produire trois fois la consommation américaine actuelle de magnésium

  • Washington multiplie les initiatives depuis 2025 (Project VAULT, Project FORGE) pour réduire sa dépendance aux minerais chinois


Un océan de minéraux stratégiques convoité par Washington

Et si la prochaine mine américaine n'était plus creusée dans la roche, mais pompée directement depuis l'océan ? C'est la question soulevée par une équipe de chercheurs du Pacific Northwest National Laboratory (PNNL), dans une publication datée du 13 juillet 2026. Selon leurs travaux, à peine 0,1 % de l'eau de mer suffirait à couvrir les besoins mondiaux en lithium, magnésium, nickel et terres rares pendant les cinquante mille prochaines années. Un ordre de grandeur qui, forcément, interroge sur la dépendance actuelle envers la Chine.

Le PNNL n'est pas un laboratoire isolé. Rattaché au Département de l'énergie américain (DoE), il emploie environ 6 000 salariés pour un budget annuel dépassant le milliard de dollars, soit près de 850 millions d'euros. Le programme d'extraction marine, financé par le Hydropower and Hydrokinetic Office du DoE, s'inscrit dans une série de décrets pris depuis 2025 par l'administration Trump pour reconstituer une capacité minière domestique. L'urgence se comprend aisément : selon l'US Geological Survey (rapport Mineral Commodity Summaries, 2025), la Chine contrôle 95 % de la production mondiale de magnésium.

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Un procédé américain déjà utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale

L'idée n'a rien d'inédit. Entre les années 1940 et 1990, les États-Unis produisaient déjà une partie substantielle de leur magnésium à partir de l'eau de mer, une filière abandonnée lorsque la Chine a inondé le marché mondial avec des prix imbattables. Trois décennies plus tard, Washington redécouvre ce gisement liquide, avec une technologie nettement plus sophistiquée.

Le PNNL s'appuie sur deux briques complémentaires. Le « co-flow reactor » met en contact permanent l'eau de mer et une solution d'hydroxyde de sodium : à leur interface, le magnésium précipite spontanément sous forme d'hydroxyde solide, un procédé qui supprime environ quatre étapes industrielles par rapport aux méthodes historiques. Vient ensuite le BPMED (Bipolar Membrane Electrodialysis), qui traite la saumure résiduelle grâce à l'électricité pour produire un acide capable, selon une étude publiée dans RSC Sustainability en décembre 2025, d'extraire le nickel d'un minerai courant, l'olivine, avec une efficacité supérieure de 37 % à celle de l'acide chlorhydrique commercial. La saumure obtenue accélérerait par ailleurs la croissance d'algues concentrant naturellement certains minéraux critiques, selon les mêmes travaux du PNNL.

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Carlsbad, vitrine d'un modèle industriel qui pourrait tout changer

Le pari des chercheurs consiste à greffer cette technologie aux usines de dessalement déjà en service. L'exemple retenu par le PNNL est celui de Carlsbad, en Californie, la plus grande installation de dessalement des États-Unis, qui produit environ 200 000 mètres cubes d'eau potable chaque jour depuis 2015. En y ajoutant le module d'extraction, l'établissement pourrait générer 524 000 kilogrammes d'hydroxyde de magnésium quotidiennement, soit trois fois la consommation américaine totale actuelle selon les calculs du PNNL.

La portée géopolitique dépasse largement le seul magnésium. D'après l'USGS (Mineral Commodity Summaries, 2025), la Chine domine ou raffine quinze minéraux critiques, dont 99 % du gallium, 83 % du tungstène, 79 % du graphite et 69 % des terres rares. Face à cette dépendance, Washington a multiplié les initiatives depuis 2025 : création du National Energy Dominance Council en février 2025, décret présidentiel sur la production minière en mars, enquête Section 232 en avril, tarifs douaniers de 160 % sur le graphite chinois en juillet, puis lancement en février 2026 du Project VAULT, doté de 10 milliards de dollars, et du Project FORGE, alliance industrielle avec la Corée, le Japon, l'Australie et l'Inde.


Face à cette incertitude, l'épargne cherche des valeurs refuges tangibles

Cette course mondiale aux ressources stratégiques illustre une réalité plus large : la fragilité des chaînes d'approvisionnement industrielles pèse directement sur la stabilité économique globale. Dans ce climat d'incertitude géopolitique et monétaire, un nombre croissant d'épargnants se tourne vers des actifs tangibles, physiques et indépendants du système bancaire traditionnel.

Les lingots d'or, les lingots d'argent et les pièces d'or conservent, historiquement, une fonction de protection contre l'érosion monétaire et les tensions sur les marchés de matières premières. Détenir une partie de son épargne sous forme physique, hors circuit bancaire, reste une démarche de débancarisation prisée par ceux qui souhaitent sécuriser leur patrimoine face aux soubresauts industriels et géopolitiques qui s'annoncent.

Sources : BDOR - Pacific Northwest National Laboratory (PNNL) - RSC Sustainability - US Geological Survey (USGS)

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