Shanta Gold découvre 1,3 million d'onces d'or à Ikolomani au Kenya, gisement estimé à 5,29 milliards de dollars
Shanta Gold annonce un gisement de 1,3 million d'onces d'or à Ikolomani au Kenya, évalué à 5,29 Mds$. Violences, expulsions craintes et enjeux miniers.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- La découverte de Shanta Gold dans la région de Kakamega
- Un projet industriel de grande envergure
- Ikolomani, un territoire d'orpailleurs depuis un siècle
- Quatre morts lors des affrontements de décembre
- Le Kenya, un acteur minier en devenir
- Or physique et sécurisation de l'épargne face à l'instabilité minière mondiale
En bref
La société britannique Shanta Gold Limited a annoncé mi-novembre la découverte d'un gisement aurifère de 1,3 million d'onces à Ikolomani (Kakamega), évalué à 5,29 milliards de dollars.
Le projet prévoit une mine souterraine, une usine de traitement de 1 500 t/jour et une centrale de 12 MW pour un investissement de 170 millions de dollars.
Le comté de Kakamega et les communautés locales recevraient respectivement 20 % et 10 % des redevances versées à l'État kényan.
Les habitants, orpailleurs depuis les années 1930, protestent massivement contre le risque d'expulsion.
Début décembre, des affrontements lors d'une réunion de concertation ont causé la mort de quatre orpailleurs.
Classé 6e en Afrique pour l'attractivité minière par l'Institut Fraser, le Kenya produit encore modestement : 410 kg d'or en 2023.
La découverte de Shanta Gold dans la région de Kakamega
Mi-novembre, la société minière britannique Shanta Gold Limited a officialisé la mise au jour d'un gisement aurifère à Ikolomani, dans la circonscription de Kakamega, à proximité du lac Victoria. L'estimation préliminaire porte sur près de 1,3 million d'onces d'or, pour une valorisation totale avoisinant 5,29 milliards de dollars. Le plus grand gisement annoncé au Kenya depuis plusieurs décennies.
Un projet industriel de grande envergure
Dans le rapport d'étude soumis à l'Autorité nationale de gestion environnementale du Kenya, Shanta Gold expose les contours de son projet : une mine souterraine, une usine de traitement d'une capacité de 1 500 tonnes par jour et une centrale électrique de 12 mégawatts. L'investissement total est estimé à 170 millions de dollars.
La société assure, dans un communiqué officiel, que l'exploitation favorisera « le développement local grâce à la création d'emplois et d'opportunités de commerce ». Sur le plan financier, le comté de Kakamega et les communautés locales percevraient respectivement 20 % et 10 % de la redevance sur l'or versée à l'État kényan.
Ikolomani, un territoire d'orpailleurs depuis un siècle
La région d'Ikolomani pratique l'orpaillage artisanal depuis les années 1930. Pour les habitants, cette extraction manuelle n'est pas une activité accessoire : c'est le principal moyen de subsistance de milliers de familles. L'arrivée d'un acteur industriel de cette envergure génère des craintes profondes, notamment la peur d'être délogés de leurs terres et de perdre leur source de revenus.
Depuis l'annonce, les manifestations se sont multipliées dans la circonscription. Ali Hassan Joho, directeur de cabinet du ministère des Mines, a tenté de rassurer : « Il y a de la place pour que les orpailleurs kényans poursuivent leur activité. Ces espaces seront délimités. » Des déclarations qui n'ont pas apaisé les tensions locales.
Quatre morts lors des affrontements de décembre
Début décembre, une réunion de concertation organisée autour du projet a dégénéré en affrontements. La police kényane est intervenue, tuant quatre orpailleurs. Ces violences ont alimenté la contestation et fragilisé la légitimité sociale du projet aux yeux des communautés locales.
La gestion de ce type de conflit foncier reste l'un des défis les plus épineux pour les gouvernements africains, pris entre l'attrait des investissements étrangers et la protection de populations dépendantes de l'extraction informelle.
Le Kenya, un acteur minier en devenir
Avec une production de 410 kilos d'or en 2023, le Kenya reste loin derrière des géants continentaux comme le Ghana, l'Afrique du Sud ou le Soudan. Son potentiel géologique attire pourtant des investisseurs internationaux de plus en plus nombreux. Dans son dernier classement sur l'attractivité des investissements miniers, l'Institut Fraser a placé le Kenya en 6e position sur le continent africain.
La découverte d'Ikolomani pourrait accélérer ce repositionnement, à condition que les tensions sociales soient maîtrisées et que le cadre réglementaire garantisse des droits concrets aux communautés affectées.
Selon notre expert : Alors que les tensions sociales autour des mines africaines s'intensifient, le cours de l'or continue d'attirer les regards des investisseurs en quête de valeur refuge.
Or physique et sécurisation de l'épargne face à l'instabilité minière mondiale
Les remous autour du gisement d'Ikolomani illustrent une réalité plus large : la production mondiale d'or reste exposée à des risques géopolitiques, sociaux et réglementaires qui peuvent affecter les cours à tout moment. Face à cette instabilité structurelle, de nombreux épargnants choisissent de détenir de l'or physique sous forme de lingots d'or, de lingots d'argent ou de pièces d'or, afin de sécuriser leur patrimoine en dehors du système bancaire traditionnel. Cette stratégie de débancarisation, fondée sur des actifs tangibles et non soumis au risque de contrepartie, répond à une logique de protection à long terme, particulièrement pertinente dans un contexte de tensions sur les ressources et d'incertitudes économiques globales.
Sources : BDOR
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